Avant les lettres : sept gestes et leurs décors
Il pleut : on trace les gouttes qui tombent du nuage. La barrière a perdu ses planches : on les trace de haut en bas. Le soleil se réveille : ses rayons, un par un. Puis les ponts sur la rivière, de gauche à droite par le haut, le geste du m et du n ; les vagues de la mer, de gauche à droite ; les bulles du poisson, des ronds en partant du petit point ; et la fumée de la cheminée, des boucles qui montent, le geste de l’écriture attachée avant d’en connaître le nom.
Ces gestes sont en petite et moyenne section. Aucun échec n’est possible : chaque geste gagne ses trois étoiles, et l’écran de fin dit « Quel beau dessin ! ». C’est le graphisme des cahiers de maternelle, avec un dessin au bout du trait.
Repère : Ministère de l’Éducation nationale — Programmes à l’école maternelle.
Les capitales, rangées par gestes
Les lettres ne viennent pas dans l’ordre de l’alphabet, mais par familles de gestes : les traits droits (I, L, T, H, E, F), les pointes (V, A, N, M, W), les zigzags (K, X, Y, Z), les rondes (C, O, Q, G, S) et les boucles (U, J, D, P, B, R). Puis les chiffres, de 1 à 5 et de 6 à 0. Chaque partie tire quatre lettres de la famille, pas toute la famille.
Girafoufou dit « Suis les points avec ton doigt… pour tracer la lettre qui fait… », puis le son de la lettre, pas son nom. Une lettre finie, la voix dit son mot : « A comme ANANAS », « O comme ORANGE », « M comme MOUTON », avec l’image. Le mot commence toujours par le son de la lettre : pas OISEAU pour le O, qui commence par /wa/.
Le sens de l’école, point après point
Le chemin de la lettre est une bande claire bordée de brun, avec des points. Seul le point suivant compte : il est jaune, un peu plus gros, et respire ; il faut le toucher pour avancer, les traits se font dans l’ordre, et le doigt se lève entre deux traits. Le sens est donc celui de l’école : le I de haut en bas, le E par son trait debout puis trois barres, le O en partant du haut vers la gauche, le 8 d’un seul geste, jamais deux ronds empilés.
Un doigt qui sort du chemin : rien ne se passe, ni son, ni effacement, le point suivant attend. La partie tracée passe en corail, et un petit « toc » marque chaque trait fini. Il n’y a ni chronomètre, ni note : tracer sur les points ne peut pas rater, et gagne toujours ses trois étoiles.
Après les points
Plus loin sur le plateau, trois paliers sans points : « Sans les points ! », « Dans ta tête ! » et « La dictée de lettres », où l’enfant écrit la lettre tout seul. Un premier essai raté ramène le modèle en filigrane, « Presque ! Regarde le modèle… et essaie encore ! » ; au deuxième, les points reviennent. Puis « La lettre et son mot », et, quand un prénom est donné, le prénom en capitales, et en attaché, que l’on suit du doigt sans jamais avoir à le produire.
Les gestes sont en petite et moyenne section, les familles de lettres et les chiffres en moyenne et grande section, le reste en grande section. Le premier palier est toujours ouvert, et chacun des suivants s’ouvre avec une étoile au précédent ; chaque semaine, un palier de la porte est aussi ouvert à tous, à tour de rôle.
